Le changement de combustible consiste à remplacer un combustible à forte intensité carbone par une alternative moins carbonée ou zéro carbone pour alimenter un procédé industriel ou produire de l’électricité. Cette stratégie est l’un des moyens les plus directs pour les entreprises de réduire leurs émissions de GES et leur exposition financière aux mécanismes de tarification du carbone.
Le changement de combustible consiste à passer de sources d’énergie à fortes émissions de gaz à effet de serre (GHG), comme le charbon ou le fioul, à des alternatives plus propres telles que le gaz naturel, la biomasse ou l’électricité renouvelable. C’est un pilier des stratégies de décarbonation industrielle, car il s’agit souvent de l’une des méthodes les plus immédiates et les plus rentables pour obtenir des réductions d’émissions significatives. L’objectif principal est de diminuer l’empreinte carbone d’une activité, en aidant les entreprises à atteindre leurs objectifs climatiques et à se conformer à des réglementations.
La décision de changer de combustible est principalement dictée par des facteurs économiques et réglementaires. Lorsque le prix d’un combustible plus propre devient plus compétitif, ou lorsque le coût des émissions de carbone augmente, le changement de combustible devient financièrement attractif. Parmi les principaux facteurs, on retrouve :
- Prix du carbone : Un prix du carbone élevé, reflété dans la valeur de quotas comme les EUA, rend les combustibles fortement émetteurs plus coûteux. Cela crée une forte incitation financière pour les entreprises à basculer vers des alternatives moins polluantes afin de réduire leurs coûts de conformité.
- Prix relatifs des combustibles : Les prix de marché fluctuants des différentes sources d’énergie (par exemple, le prix du gaz naturel par rapport au charbon) influencent directement la pertinence économique d’un changement.
- Disponibilité technologique : La faisabilité dépend de la disponibilité des infrastructures et des technologies nécessaires, comme des chaudières bi-combustibles ou l’accès à un réseau de gazoducs.
- Politique climatique : Les réglementations publiques, les subventions aux énergies propres ou les obligations de sortie progressive de certains combustibles peuvent accélérer la transition.
Exemples concrets
- Production d’électricité (passage du charbon au gaz) : C’est l’exemple le plus classique. Une centrale conçue pour fonctionner au charbon peut basculer vers le gaz naturel. Comme le gaz naturel émet environ 50 % de CO₂ en moins que le charbon pour une même quantité d’énergie produite, ce changement divise immédiatement par deux les émissions de la centrale et son besoin en quotas d’émission.
- Chaleur industrielle : Un site industriel peut remplacer d’anciennes chaudières au fioul par de nouvelles chaudières fonctionnant à la biomasse issue de sources durables ou au gaz naturel. Cela réduit à la fois ses émissions directes et son exposition à la volatilité des prix du pétrole.
Cette dynamique est fondamentale pour le marché du carbone, car un changement de combustible à grande échelle réduit la demande globale de quotas d’émission, ce qui influence leur prix de marché.