Le marché de gré à gré (OTC) est un réseau décentralisé où des instruments financiers, comme des quotas carbone, sont échangés directement entre deux parties plutôt que sur une bourse publique et centralisée. Cette approche bilatérale offre une plus grande flexibilité pour négocier des conditions sur mesure (prix, volume et dates de règlement/livraison).
Le marché de gré à gré (OTC), aussi appelé négociation hors bourse ou bilatérale, est un marché financier sans lieu physique central. Contrairement aux bourses, très régulées et standardisées, les marchés OTC permettent des négociations directes entre un acheteur et un vendeur. Dans le contexte de la finance climat, ce marché est essentiel pour échanger des actifs carbone tels que les European Union Allowances (EUAs) et les United Kingdom Allowances (UKAs). Il est principalement utilisé par de grandes entreprises industrielles, des institutions financières et des courtiers spécialisés, qui cherchent à exécuter des transactions importantes ou très spécifiques, de manière discrète.
Ce mécanisme de négociation directe offre des avantages uniques, mais présente aussi des caractéristiques distinctes par rapport à la négociation sur bourse. Le processus se caractérise par sa flexibilité, permettant aux participants d’adapter chaque aspect de la transaction.
Principales caractéristiques d’une transaction carbone OTC :
- Flexibilité : Les participants peuvent négocier des volumes non standard, des dates de livraison futures spécifiques (forwards) et des structures de prix particulières qui ne sont pas disponibles sur une bourse publique. C’est essentiel pour les entreprises qui souhaitent couvrir (hedger) leurs obligations spécifiques liées à leurs émissions de carbone.
- Confidentialité : Les transactions sont privées entre les deux parties. Cette confidentialité est utile pour exécuter de gros ordres sans provoquer de fortes variations de prix sur le marché public (glissement de prix).
- Formation des prix : Bien que les prix soient négociés de manière privée, ils sont souvent indexés/benchmarkés sur les prix observés sur des bourses publiques comme l’European Energy Exchange (EEX). Le prix final convenu reflète les conditions spécifiques de l’accord.
- Risque de contrepartie : Comme les transactions ne sont pas garanties par une bourse centrale, il existe un risque qu’une partie fasse défaut sur ses obligations. Pour le réduire, de nombreuses transactions OTC sont néanmoins traitées via une chambre de compensation centrale, qui agit comme intermédiaire pour garantir le règlement/livraison de la transaction.
Exemples concrets
- Cas 1 : Couverture industrielle
Une compagnie aérienne estime qu’elle aura besoin de 500 000 EUAs pour couvrir ses émissions pour la prochaine année de conformité. Au lieu de les acheter par petites quantités sur la bourse, ce qui pourrait faire monter le prix, elle mandate un courtier pour organiser une transaction OTC privée de type « forward » avec une grande entreprise d’électricité disposant d’un surplus de quotas. Ils conviennent aujourd’hui d’un prix fixe pour une livraison dans 10 mois, ce qui permet aux deux parties de sécuriser un prix et de gérer efficacement leurs risques futurs. - Cas 2 : Investissement à grande échelle
Un fonds d’investissement souhaite acquérir une position de 50 M€ en quotas carbone dans le cadre de sa stratégie d’investissement à impact. Pour éviter de signaler cet achat important au marché, il exécute la transaction via une série d’accords OTC discrets avec plusieurs institutions financières. Cela permet au fonds de constituer sa position efficacement et à un prix moyen plus prévisible.